Sans domicile fixe

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Il est parfois difficile de partir

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Il est parfois difficile de partir
Partir parce que l’on est mal aimé
On voudrait pleurer, gémir,
Mais la vie doit continuer

Il est parfois pénible de s’enfuir
D’oublier, de ne plus penser
De fermer les yeux sur le passé
De les ouvrir sur l’avenir

Il est parfois douloureux de rire
Quand notre corps entier pleure
Quand déjà fêlé notre cœur
Pour quelques mots se déchire

Il serait parfois préférable de mourir
Toutes les espérances, tous les rêves
Les regards, les contemplations brèves
Oui, ça fait mal de se souvenir

Il est des mots…

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Il est des mots que l’on finit par oublier
Des mots chantants comme attention, tendresse
Des mots qui s’effacent désormais sur le papier
Des mots doux sur la peau comme une caresse

Il est des gestes se perdant dans la mémoire
Des gestes qui s’égarent entre deux corps
Des gestes merveilleux glissant dans le soir
Des gestes hélas délaissés à leur triste sort

Il est aussi des regards puissants et profonds
Des regards brûlants comme une descente aux enfers
Des regards sur des corps qui se font et défont
Des regards complices jusqu’à s’envoyer en l’air

Il est tout ça, à portée simplement de ta main
Un bras sur une épaule, un bisou sur un sein
Des doigts glissant doucement le long de mes reins
Et ton corps qui s’abandonne tout entier au mien

Je me plais encore à rêver de ces choses interdites
De ces souvenirs que je ne veux enterrer ce jour
Il n’est pas trop tard: la tendresse n’est pas prescrite
Pour ceux qui éprouvent ne fut-ce qu’un peu d’amour

Mon amour, mon cœur …

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Mon amour, ce soir j’ai mal comme tous les soirs
Mal de t’avoir trahi comme toi, tu m’as trahie
Mal parce que tu ne me disais plus bonsoir
Mal parce que pour une autre tu pourrais être parti

Mon cœur, ce soir j’ai mal comme tous les soirs
Mal d’avoir trahi mon amour pour un autre amour
Mal de t’avoir tant aimé dans mon désespoir
Mal d’avoir mal, à en crier, à hurler au secours

Mon amour, je voudrais te dire ce soir ma passion
Mes envies de toi, de ton corps, de tes caresses
Que l’amour tous les jours nous deux nous le fassions
Avec une telle fougue, une ardeur au bord de l’ivresse

Mon cœur, je ne puis plus désormais t’appeler mon cœur
J’ai trop brisé, cassé pour pouvoir encore le dire à nouveau
Ce soir, toute seule devant mon clavier, face à l’horreur
De ce j’ai causé, j’ai pu, je crois recoller les morceaux

Mon amour, j’aimerais qu’on fasse comme la première fois
Qu’on se rencontre nous deux, toi, moi, mon corps, ton corps
Qu’on vive comme deux adolescents étourdis de leur émois
Ivres de ce qu’ils découvrent et amoureux jusqu’à la mort

Mon cœur, ces mots me font autant de mal qu’à toi de les lire
C’est pas facile d’oublier, d’enterrer mais il le faut mon cœur
Si je les écris c’est que c’est peut-être plus facile que de les dire
Et qu’on me laisse une toute dernière fois t’écrire « mon cœur »

J’ai froid, terriblement froid…

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Des larmes d’acide me brûlent les yeux en une douleur incommensurable
Des sillons salins creusent mes joues de leur perfide ruissellement
Je suis là, abasourdie, anéantie , assassinée avec mes regrets déments
A guetter la fin de mon existence, à redouter les conséquences de l’inévitable

Oh Justice arbitraire, ta partialité n’a point d’âme ni encore moins de cœur
Ta lourde machinerie a écrasé de son fonctionnarisme ma raison de vivre
Ton acharnement inéquitable se glorifie de dossiers baignés de rancœur
Indifférente aux repentirs exprimés, tu continues inexorablement à poursuivre

La canicule étouffante envahit insidieusement l’atmosphère de mon bureau
Et pourtant j’ai terriblement froid jusqu’au bout de mes doigts blanchis 
Je ne pense plus, je pleure tout simplement , je pleure et je réfléchis
A l’attente de la peine inéluctable que me réservera mon bourreau

Pas donc de machine arrière possible: la plainte se doit de continuer à courir
Pour des coups et blessures, toi horrible Justice tu es obligée de poursuivre
Derrière les barreaux de ma geôle, de mes filles j’essaierai de me souvenir
Car la prison, je risque et sans mes princesses, je sais, je ne pourrai y survivre

Ces idées sombres qui me rongent en l’instant le cerveau embrumé d’effroi
Sont sans doute excessives et ma paranoïa maladive se complait à les développer
Point de retrait de plainte possible: la procédure ne peut être désormais stoppée
Et je reste là à pleurer sur mon clavier, incrédule … J’ai froid, terriblement froid…